Laisser de côté nos convictions personnelles pour penser l’intérêt collectif
25 septembre 2019

Tout ce qui est excessif est insignifiant – ma réponse à Jean-François Dauré

« Tout ce qui est excessif est insignifiant »

Et en matière d’excès, je suis la cible de quelques élus depuis plusieurs mois. Je pourrais répondre de cette façon et balayer d’un revers de manche ces attaques antiparlementaires mais en l’espèce, je me dois de répondre plus longuement aux différents procès qui me sont faits.

« À quoi sert un député ? Est-ce un parisien qui évolue seulement dans son parti ? Je ne vois pas les effets de sa politique sur le local, je ne sens pas le ruissellement sur le territoire ». « Bras cassé et député Playmobil » quand ce n’est pas « commissaire politique ».
Je passerai le manque de confraternité d’un autre médecin élu localement.

Voilà deux ans, deux ans que les habitants de la première circonscription de Charente m’ont fait l’honneur de m’élire député.
Depuis le 18 juin 2017 je n’ai de cesse de travailler pour être à la hauteur du mandat qui m’a été confié.

Je sais dans quelles conditions j’ai été élu. Ces conditions, ce « dégagisme », cette colère, m’obligent. Si le printemps 2017 a été un bouleversement collectif au plan politique, il l’a été également au plan personnel. Après mon élection, je me suis mis en disponibilité de l’hôpital pour être pleinement engagé à ma tâche.

Je vis un pied en Charente et, c’est vrai, l’autre à Paris, car jusqu’à preuve du contraire c’est quand même à Paris qu’est l’hémicycle ! J’y défends le territoire et ce que les Charentais me disent pour faire évoluer les choses et les textes de loi. Jamais je ne perds de vue la Charente, même à Paris.

J’exerce aujourd’hui mon mandat avec les mêmes exigences que celles que j’avais envers la politique avant d’être élu.

L’heure n’est pas au bilan, il reste tant à faire, mais ces deux ans de mandat représentent beaucoup de travail et, heureusement, des résultats.

Au plan national :

  • Trois missions gouvernementales auprès du Premier ministre et de la ministre des Solidarités et de la Santé (un record, au moins dans cette législature) ;
  • Rapporteur Général de la loi Santé du quinquennat ;
  • Responsable et porte-parole de la majorité pour deux projets de loi de financement de la sécurité sociale ;
  • Un investissement important sur de nombreux textes de lois (172 amendements adoptés sur 213 proposés) et sur des thématiques qui me sont chères en intégrant la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes et la commission spéciale Bioéthique.

Si le député est un élu national, il est aussi élu d’un territoire et en la matière, l’action porte ses fruits :

  • Doublement du budget de l’agence nationale de l’habitat (ANAH) pour un budget de rénovation urbaine du quartier de Bel Air Grand Font à Angoulême passant de 3 à 23 M€ ;
  • Doublement du budget investi par l’État pour Charente Numérique (33 M€ obtenus auprès du Premier ministre) pour permettre l’installation de la fibre et du très haut débit partout en Charente (hors Charente Limousine engagée sur une offre privée) ;
  • Plans Action Cœur de Ville & Territoires d’industrie pour Angoulême ;
  • Il y a tous les effets de la politique nationale qui se manifestent sur le terrain, je pense notamment et par exemple au dédoublement des classes de primaire en REP et REP+.

C’est parce que j’ai à cœur de promouvoir la Charente et que je suis fier de ce territoire qui m’a vu naître et grandir que j’invite les membres du Gouvernement à y venir. En deux ans, ce sont ainsi 24 visites ministérielles qu’a connues ma circonscription : je pense notamment à celle du Premier ministre qui y a délocalisé Matignon durant deux jours en mai dernier. Tout le territoire en a bénéficié.

Ce sont aussi des effectifs supplémentaires de police pour Angoulême et Soyaux obtenus auprès du ministre de l’Intérieur au printemps et qui sont arrivés sur le terrain le mois dernier.

Il s’agit de quelques exemples seulement et la liste est encore longue.

Je veux saluer les nombreux élus de la circonscription et plus largement du département avec lesquels je travaille pour obtenir des avancées pour tout le territoire.

Je n’ai eu de cesse de promouvoir et défendre le territoire. Aussi, le modèle charentais a été dupliqué à toute la France pour la prise en charge des victimes de violences conjugales.

J’ai provoqué des réunions ministérielles comme au ministère de la Transition écologique et solidaire dès l’annonce de la pollution sur le site de la rue Jules Durandeau dans le quartier de Saint-Cybard à Angoulême.

J’ai plaidé la cause du territoire pour obtenir l’installation d’un établissement pénitentiaire sur La Couronne. Dès juin 2018, la proposition a été évoquée d’implanter un projet d’établissement innovant avec un solide accompagnement à la réinsertion pour 180 détenus et 90 emplois à la clé. J’attends encore le retour du Maire qui a été relancé par la Garde des Sceaux et moi-même à ce sujet.

J’ai été ravi d’accueillir plus de 500 jeunes Charentais à l’Assemblée nationale pour qu’ils puissent découvrir ce lieu exceptionnel qu’est le Palais Bourbon, la maison des Citoyens.

Je n’ai pas la prétention de tout réussir mais je fais de mon mieux, fidèle aux engagements que j’ai pris en 2017, fidèle à la Charente.

J’agis concrètement de façon pragmatique en essayant de mettre du bon sens au service de l’intérêt général. Le bon sens comme lorsque je prends position contre un arrêté illégal contre des zones d’épandage à 150 mètres des habitations à La Couronne. Évidemment que les pesticides ont un effet sur la santé ! Je ne l’ai jamais remis en cause. C’est mon mouvement politique qui s’est saisi le premier du sujet, dès 2018.
Des zones de non épandages seront mises en place. Elles sont à l’étude. La consultation publique vient de se terminer et a réuni près de 50.000 participants. Les distances chez nos voisins sont de 2 à 5 mètres en Allemagne, de 2 à 20 mètres en Slovénie, jusqu’à 50 mètres en Belgique à proximité d’une école. Aucune base scientifique n’étaye la distance de 150 mètres de l’arrêté en question.
Il faut faire avancer la science sur le sujet, protéger les citoyens et cela passe par des zones de non épandage mais surtout par les plans locaux d’urbanisme qui relèvent de la compétence des élus locaux. Il faut aussi accompagner nos agriculteurs dans le nouveau modèle qui se bâtit et les remercier plutôt que les stigmatiser. Ils nous nourrissent et produisent l’une des agricultures les plus vertueuses du monde.
Il faut tendre la main plutôt que mettre à l’index. C’est ensemble, agriculteurs, associations environnementalistes et élus que nous devons trouver des solutions. Chacun doit être présent autour de la table, ensemble, pour construire les chartes de bon voisinage. Il s’agit de l’intérêt de tous.

Je sais les conditions dans lesquelles j’ai été élu. Elles m’obligent et elles nous obligent toutes et tous. Je suis à ce titre consterné d’observer que ce sont des élus, parfois parlementaires eux-mêmes, qui pratiquent l’antiparlementarisme. Cela est bien souvent accompagné de populisme et de démagogie. De coups de communication, de postures et d’impostures. Je refuse de rentrer dans leur jeu. Je les combattrai toujours.

Je laisse chacun face à ses responsabilités et son bilan, qu’il soit de 2, 11 ou 33 ans de mandat.

Pour ma part, j’assume parfaitement mes responsabilités et mon bilan à bientôt mi-mandat et je continuerai de m’engager pour servir et toujours mieux représenter mes concitoyens à l’Assemblée nationale comme en circonscription dans l’intérêt général et fidèle aux engagements pris depuis 2017.

Comme un symbole, j’ai commencé ce texte à Paris et le finis dans le train qui me ramène en Charente. J’y serai demain sur le terrain, en visite sur la circonscription ou en rendez-vous à ma permanence. Comme toujours au contact des Charentais et en défense de valeurs de progrès et de solidarité.

Sincèrement,

Thomas Mesnier