Il permet ainsi d’adapter le recouvrement de l’impôt au titre d’une année à la situation réelle du redevable aux changements de situation qu’il peut connaitre (revenus, événements de vie) au titre de cette même année. Ce dispositif est donc très important pour 30 % des contribuables qui voient leurs revenus évoluer d’une année sur l’autre et 1,2 million de foyers qui changent de situations personnelles et doivent s’acquitter d’un impôt qui ne correspond plus à leurs revenus. Cela s’applique que vous soyez salarié ou indépendant, ou même si vous disposez de revenus fonciers.
L’impôt était réglé sur dix mois de janvier à octobre en cas de mensualisation, ou par tiers provisionnel en février et mai avec un solde en septembre. Avec le prélèvement à la source, il est dorénavant étalé sur 12 mois.
L’administration fiscale reste la seule interlocutrice du contribuable, qui n’a aucune information à donner à son employeur. La seule information transmise par l’administration au collecteur sera le taux de prélèvement qui ne révèle aucune information spécifique, et est de plus soumis au secret professionnel.
Le taux de prélèvement est le taux du foyer, mais le contribuable peut faire le choix d’un taux individualisé pour chacun des membres du foyer ou d’un taux « non personnalisé », indépendant de la situation du foyer et correspondant au seul niveau du salaire versé. Le contribuable versera le complément directement à l’administration fiscale.
Les avantages fiscaux donnés sous la forme d’abattement seront automatiquement intégrés dans le taux, notamment celui de 10 % pour frais professionnels, et la déduction des pensions alimentaires sera également prise en compte.
Les réductions et crédits d’impôt ouverts au titre de 2018 seront maintenus et seront versés intégralement au moment du solde de l’impôt, à la fin de l’été 2019. Pour les services à domicile et garde d’enfant, le versement d’un acompte de crédit d’impôt est prévu à partir du premier trimestre 2019, à hauteur de 60 % du crédit d’impôt de l’année précédente.
L’impôt normalement dû au titre des revenus non exceptionnels perçus en 2018 sera annulé par le biais d’un crédit d’impôt spécifique calculé automatiquement par l’administration fiscale sur la base de la déclaration des revenus 2018 déposée au printemps 2019.
Les revenus exceptionnels ainsi que les autres revenus exclus du champ de la réforme, par exemple les plus-values mobilières et immobilières, les intérêts, les dividendes, les gains sur les stocks options ou les actions gratuites resteront imposés en 2019, selon les modalités habituelles, pour éviter de créer un effet d’aubaine.
Il est par ailleurs prévu un taux de prélèvement égal à zéro pour les contribuables modestes qui n’ont pas payé d’impôt les deux années précédentes grâce à leurs réductions et crédits d’impôt.
L’audit conduit par l’inspection générale des finances a estimé que la charge pour les collecteurs sera mesurée.
De plus, le Gouvernement propose des mesures pour alléger cette charge :
– Les échanges d’information entre l’administration et les collecteurs seront totalement dématérialisés et automatisés ;
– Si l’administration a transmis à l’employeur le taux de prélèvement personnalisé du contribuable, le logiciel de paie ou de liquidation de la retraite le prendra automatiquement en compte, sinon le logiciel appliquera automatiquement le taux non personnalisé prévu dans la loi. L’administration continue de calculer le taux, l’envoyer au collecteur, établir l’assiette de l’impôt sur le revenu et en recouvrir le solde.